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« Ça s’en va et ça revient… »

Ils font le va et vient, considèrent Israël comme une simple étape transitoire, ressentent généralement un certain dédain pour le petit championnat israélien (à raison peut être…), mais ils n’arrivent pas pour autant à marquer de leurs empreintes l’histoire du football en terre sainte.

 

 

A l’exception d’un joueur ici et là, il semble qu’il existe un véritable problème pour le joueur français à évoluer en Israël.Comment se fait-il que des joueurs, ayant connu le plus ou moins haut niveau du Football en France, soient incapables d’enchaîner deux saisons de qualité en première division israélienne ?

« A mon sens, le transfert du joueur français, de France en Israël est très problématique » explique Moti Yonir, commentateur de football sur la chaîne sport et encore entraîneur de l’équipe olympique jusqu’à ce que lui soit trouvé un remplaçant. « Réussir ici, en Israël, à faire venir des joueurs étrangers n’est déjà pas une tâche facile. Le joueur qui arrive au pays doit absolument être doté d’un caractère hors du commun et d’un style très particulier, ou bien  être un joueur à potentiel cherchant à percer en travaillant très dur, pour un jour, jouer en Europe ». Apparemment, les propos de Yonir sont sensés. Le phénomène qui voit arriver des joueurs évoluant dans de grands championnats en Israël se développe. Pourtant, les différences culturelles, et en particulier le faible niveau des installations et de l’intensité des entraînements les influencent… dans le mauvais sens. Concernant le joueur français qui vient jouer en Israël en raison de son appartenance au peuple juif - ce qui lui permet d’obtenir rapidement la nationalité israélienne et ainsi de laisser la possibilité au club qui l’emploie d’engager un joueur étranger supplémentaire -, il éprouve de grandes difficultés à répondre aux attentes placées en lui. L’équipe qu’il intègre a, en effet, tendance à croire que son acclimatation au pays se fera plus facilement et qu’ainsi son rendement suivra. Pourtant, lorsque Rudy Haddad est arrivé au Maccabi Tel Aviv, on a cru à un futur reluisant, basé sur ses performances passées dans l’équipe réserve du Paris Saint Germain, mais également en équipe première sous la houlette de l’actuel sélectionneur national Luis Fernandez. Haddad a rendu une copie correcte lors de sa première saison, mais la seconde fut plus que décevante : il n’a presque pas joué et est donc rentré en France dans une modeste équipe de deuxième division luttant pour son maintien. De même pour Yannick Kamanan. Malgré une première saison très réussie au Maccabi Herzlia, avec qui il a remporté la toto coupe, son passage  au Maccabi Tel Aviv lors de sa deuxième saison en Israël fut un échec…  Ce dernier entraîna son départ pour la Turquie, en passant par Strasbourg et Ajaccio. La liste de joueurs français de seconde zone, ayant fait un bref passage en Israël, est encore longue. Des joueurs venant de villes situées aux quatre coins de la France comme : Nancy, Lorient, Valenciennes, Nîmes, Cannes, Créteil, Reims, Aubervilliers, Châteauroux, Le Mans et Dijon…

Si l’on ajoute Alan Massoudi et Jonathan Assouss à la liste des déceptions, on obtient une nette tendance : le joueur français qui vient s’exiler en Israël n’apporte aucune valeur ajoutée au championnat israélien et ne vaut pas mieux que les joueurs locaux.

« Lorsqu’un joueur français vient finalement ici, il doit se confronter à un choc culturel immense : une différence de mentalité par rapport aux autres joueurs mais également un climat tout autre que celui qu’il connaissait », ajoute Yonir . « Pour véritablement réussir, il faudrait un investissement conséquent afin de faire venir de grands joueurs ».

Mais alors, qui donc a rejoint le championnat israélien et l’a marqué de son empreinte ? Quels sont les joueurs qui, malgré les difficultés d’adaptation, les différences culturelles et le fait que les terrains en Israël soient de qualités médiocres, ont su élever leur niveau de jeux et celui de leurs partenaires ?

Comme dans de nombreux autres domaines, lorsqu’un joueur français de très haut niveau débarque en Israël, on s’attend forcément à accueillir « la crème de la crème ». Dans le livre d’or du football israélien,  l’arrivée de l’homme d’affaire franco-russe Gaydamak à la tête du Betar Jérusalem, fut suivie d’une colonie française  « galactique ».

Après la signature de Luis Fernandez, le Stade Teddy a accueilli un joueur du top niveau européen, Jérôme Leroy. Son passage a comblé les espoirs placés en lui et plus encore. Après seulement quinze matchs, il fut désigné comme « le meilleur joueur étranger à avoir joué en Israël ». Son élégance, sa force mentale et son aisance technique ont fait de ce joueur ayant remporté la coupe d’Europe avec le PSG, une vedette, à la dimension jamais vu jusqu’alors. Ce fabuleux milieu de terrain a littéralement ébloui le public israélien grâce à une panoplie de gestes rappelant les meilleurs joueurs européens et est ainsi devenu l’homme clef du Betar Jérusalem. Sa réussite a entraîné son départ, la saison suivante, vers le FC Sochaux, club de première division française. Le second joueur français du Betar de l’époque, Fabrice Fernandez, a également révélé toute ses qualités jusqu’à ce qu’il soit mis à l’écart pour problèmes disciplinaires, problèmes qu’il aura connu d’ailleurs tout au long de sa carrière. Il faut également citer Carmelo Michich, joueur français de l’Hapoel Petah Tikva, qui a prouvé durant quatre saisons toute sa valeur, malgré le modeste club dans lequel il a évolué.

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Comme nous vous l’annoncions, le phénomène des joueurs européens arrivant en Israël prend de l’ampleur, principalement depuis l’arrivée d’investisseurs importants dans le football local. Ce constat offre des possibilités nouvelles aux clubs israéliens engagés sur la scène européenne. Pour l’heure, la présence française dans le championnat israélien est peu reluisante et seul Romain Rocchi semble capable de contredire cette tendance. Rocchi fut deux ans sous la direction de Luis Fernandez (encore lui)  au PSG, durant lesquels ils remportèrent deux coupes de France. Depuis, sa carrière a pris une tournure plus que délicate, puisqu’ il a évolué dans de modestes clubs de deuxième division comme Metz.

Cependant, les échos autour du club de l’Hapoel Tel Aviv laissent à penser qu’il reste un joueur à suivre de très près par les amateurs du beau jeu. Il sera peut être celui qui, en se surpassant, prouvera que le joueur français a encore sa place dans notre championnat malgré les conditions délicates et le faible niveau des joueurs locaux.

Cette année, au côté de Romain Rocchi, le public israélien pourra voir évoluer Steven Cohen et Jonathan Assous : le premier, après une très bonne saison à Raanana, et une récente signature du côté de la capital. Le second essayant de montrer ses qualités à Petah Tikva.

Sous le parrainage du sélectionneur national Luis Fernandez, ces derniers pourront solliciter son aide, trouver leur équilibre et enfin briller en championnat !

Nous sommes convaincus qu’ils en sont capables !

 

 

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