Obtenir Adobe Flash Player
 

Hava Mond : Et Dieu créa la femme…

par Valérie Bitton

Rares sont les Israéliennes qui ont réussi à se hisser au rang de Top Model international. La plus connue de toutes est sans conteste Bar Refaeli. Mais une autre jeune fille, dénommée Hava Mond, fait désormais aussi la couverture des plus prestigieux magazines de mode et défile pour les plus grands.

A la différence près que vous ne la trouverez pas enlaçant Léonardo Di Caprio dans les magazines people, pour la simple raison que Hava a choisi de vivre en pratiquant pleinement son judaïsme, pari ô combien difficile dans le monde de la mode.

De l'école religieuse de Tsfat aux podiums de Londres

L'histoire de Hava est à l'image d'un conte de fées. Née en 1984 dans une famille religieuse pratiquante, Hava grandit dans la vieille ville de Tsfat (Safed), puis fréquente l'école religieuse pour filles de la ville. Ses parents, Peter et Pamela, originaires de Grande-Bretagne, se rencontrent  après avoir tous deux émigré en Israël, où ils se marient. Si elle se voyait faire plus tard du droit ou encore étudier la criminologie, le sort en a décidé autrement. A l'âge de 16 ans, alors qu'elle voyage à Londres avec sa mère, elle est remarquée par un agent de la célèbre agence de mannequins Elite qui lui propose de devenir mannequin. Elle refuse cette alléchante proposition et rentrera en Israël poursuivre ses études. Mais l'agent n'a pas l'intention de s'en tenir là, il garde ses coordonnées et la rappelle dès qu'elle atteint la majorité. Une fois de plus, elle refuse la proposition, et fait son "Shirout léumi", le service civil que les jeunes filles religieuses effectuent en Israël à la place de l'armée. Ce n'est qu'après cette période qu'elle accepte enfin de venir à Londres pour faire ses premiers pas dans le monde du mannequinat et entamer une carrière qui allait la conduire tout droit vers le succès.

"Je suis restée la même"

Hava  se retrouve alors projetée devant les objectifs des photographes. Mais tandis que d'autres auraient renoncé à leurs valeurs, la jeune fille n'oublie pas ce qu'elle est, et malgré la difficulté en raison des contraintes que lui imposent son métier, elle poursuit la pratique du judaïsme et fixe dès le départ ses règles : pas de photos en sous-vêtements, ni en maillots de bain, et pas de séances de photos le shabbat. "Au début, confie t-elle lors d'une interview au magazine israélien Yediot Aharonot, j'ai essuyé pas mal de critiques, et je reconnais que celles-ci me touchaient. Je n'aime pas cette étiquette de "mannequin religieuse" que certaines filles dans le milieu me collent. J'ai ma propre vérité et je suis restée la même. S'il m'arrive de porter des jupes courtes ou de dévoiler un bras, cela ne m'empêche pas de prier, et le fait qu'une fille soit couverte de la tête aux pieds n'en fait pas pour autant quelqu'un de plus religieux ou de meilleur que moi".

Ainsi, pour Hava (appelée parfois Eva en Europe), une journée ne débute pas sans qu'elle fasse la prière du matin. De même, elle ne mange que de la nourriture cachère (c'est-à-dire conforme à la loi juive), et ce même si cela doit parfois l'obliger à ne rien avaler de la journée. "Il m'est arrivée de refuser une campagne de plusieurs dizaines de milliers de dollars parce que le contrat prévoyait des séances de photos le samedi, affirme t-elle, comme la fois où j'ai dû refuser de poser pour une célèbre marque de parfum car le shooting avait lieu en Turquie un samedi. Ce jour là, c'est Kate Moss qui a finalement été choisie".

Au début, la mère de Hava l'accompagnait toujours lors de ses déplacements à l'étranger. "Je me souviens d'un jour où je devais me rendre en compagnie de cinq autres filles à l'étranger pour un défilé, se souvient Hava, amusée. Nous ne savions pas ce que nous allions devoir porter, et ma mère, angoissée à l'idée que je puisse être dénudée, n'a pas cessé de faire sa prière durant tout le trajet en avion. A l'arrivée, on nous a demandé de nous habiller. Maman, assise dans la salle, se décomposait au fur et à mesure qu'elle voyait sortir les filles, l'une vêtue d'une robe transparente et une autre en mini-jupe qui ne dissimulait rien, jusqu'à ce que mon tour vienne et qu'elle me découvre, au bord du malaise, dans une superbe longue robe fourreau noire de chez Ralph Lauren qui me couvrait de la tête aux pieds!"

Puis les contrats s'enchaînent à travers l'Europe et Hava pose et défile pour les plus grands : French Connection, Calvin Klein, Chanel, Yves Saint Laurent, Laura Ashley. Les photographes se l'arrachent, et elle fait la couverture des plus prestigieux magazines de modes, tels que Cosmopolitan, Marie Claire, Vogue, Glamour, In Style, The Times, ou encore Harvey Nichols Magazine. Elle prête aussi son image à la maison Armani pour sa ligne de jeans, à la marque Pantène en raison de sa magnifique chevelure et à la non moins célèbre marque de cosmétiques Loréal.

Aujourd'hui, à l'aube de ses vingt-six ans, Hava est l'égérie de la marque Discrète et perçoit un cachet de 40 000 dollars. Si elle a un appartement à Londres et un petit ami, elle a conservé ses valeurs et en dépit de son refus de poser dénudée, elle continue d'être l'un des Top models les plus convoités actuellement en Europe.

 

Obtenir Adobe Flash Player
Obtenir Adobe Flash Player
 
 
 
Tendances & Prestige | © 2010