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Steve Jobs : Les secrets de la réussite d'Apple

par Johanna Kupfer

« Apple »… C’est sous ce nom et l’apparence plutôt banale d’une simple pomme croquée que l’une des firmes les plus prestigieuses de par le monde est représentée.

Ironie ? Certainement pas. C’est déjà dans ce choix que s’inscrit l’état d’esprit de la direction de l’entreprise : simplifier l’univers de l’informatique, en mettant à portée de tous un savoir technologique réservé jusque là à une certaine élite, tout en proposant des produits surprenants de performance et d’innovation… Un ambitieux défi, comme leitmotiv de la société, qu’elle semble pouvoir renouveler à l’infini…
L’histoire d’Apple ne date pas d’hier, et son succès fulgurant, imputé presque exclusivement au talent d’un seul homme : Steve Jobs, est loin d’être sans fondement.
Apple a révolutionné les mentalités, à transformer l’approche et la perception voire l’appréhension que le public avait de ce domaine. Les créations signées Apple sont réputées et ovationnées dans le monde entier, apprentis comme technophiles.
Apple est différent, Apple « pense différent »… ! Et ce, jusque dans les boutiques si design de la marque qui détonnent et créent le buzz : Les « Apple stores » répondent ainsi à un nouveau concept de magasins favorisant un rapport des plus interactifs entre le consommateur et les produits mis en vente, pour un effet coup de cœur immédiat garanti. Des rencontres avec le public, sous forme de conférences frisant le one man show, alimentent chez ce dernier le sentiment de faire partie d’une communauté d’utilisateurs privilégiés, proches de la dite société… Des vidéo projections et autres expositions présentent à ses membres la situation financière de la firme en guise d’introduction avant de leur révéler, après un effet de suspense étudié, les nouveaux produits de cette année…
« Think different » : Deux mots pour un slogan illustrant parfaitement l’idéologie d’Apple. Plus qu’une simple technique de marketing, une culture… ! Et Maria Callas, Gandhi, Mohammed Ali, Martin Luther King, Einstein, Picasso, John Lennon, Rosa Park d’en témoigner, dans la fameuse campagne publicitaire de la marque qui choisit de mettre en exergue ces incroyables personnalités : « Là où certains ne voient que folie, nous voyons du génie. Car seuls ceux qui sont assez fous pour penser qu'ils peuvent changer le monde, y parviennent… ! ».
Une pomme, fruit légendaire de la tentation, pour bousculer les normes, les conventions… et qui peut prétendre n’avoir jamais succombé à l’envie d’y goûter… d’y croquer ? N’est-ce pas ce que le l’emblème de la société semble vouloir nous suggérer ?
Ordinateurs portatifs, téléphonie mobile, musique numérique… iMac, iPhone, iPod, iPad, iTunes… Un nouveau langage « iTech » est né, autant d’emblèmes novateurs symbolisant la réussite et le génie créatif d’Apple dans son illustration la plus récente.
Une pomme, fruit de l’arbre de la connaissance, pour alimenter cette constante envie d’inventer, de créer, de se surpasser…
Derrière chaque société géniale se cache un génie… Celui d’Apple occupe pourtant bel et bien le devant de la scène : Steve Jobs, personnage si charismatique qu’il se voit attribuer le titre honorifique de « PDG de la décennie » par le magazine américain Fortune, surclasse ainsi des concurrents de taille tels que les fondateurs de Google, Larry Page et Sergey Brin, celui de Microsoft, Bill Gates et l’investisseur milliardaire Warren Buffet.
Steve Jobs a 21 ans lorsqu’il décide de quitter sa place chez Atari pour fonder sa propre entreprise en partenariat avec son ami d’enfance Steve Wozniak, alors employé chez Hewlett-Packard. C’est en 1976, - date qui verra l’histoire de l’informatique prendre un tournant décisif -, que les deux amis s’associent, joignant à leur duo Ronald Wayne, pour servir d’arbitre en cas de désaccord. De cette union naîtra « Apple », clin d’œil à cette époque (vite révolue) durant laquelle ces deux passionnés d’informatique mangeaient des « pommes » pour se nourrir…
Le talent de visionnaire de Jobs allié au génie perfectionniste de Wozniak permettent la réalisation de machines qui remportent un franc succès. Mais, des différends opposent les co-fondateurs et alors que IBM impose sa concurrence sur le marché, Jobs fait appel à John Scally pour tenter d’y remédier. Ironie du sort : ce même Scally qui forcera Jobs à quitter la société en 1985.
Ironique également le fait de penser que, même exclu d’Apple, Jobs réussira à prouver qu’il est indispensable à cette dernière. En effet, son départ suivi de près par la chute vertigineuse de la situation financière de la firme, contraindra les responsables à admettre une relation certaine de cause à effet entre l’absence de l’un et le déclin de l’autre… d’autant que Jobs entreprend par ailleurs des démarches judicieuses en créant l’entreprise Next et en acquérant Pixer, société productrice du premier film d’animation. Apple décide alors de racheter la société Next en 1996 pour plus de 400 millions de dollars, en même temps que les services de son fondateur qui reprend aussitôt les rênes de l’entreprise. Une décision des plus avisées…
En l’espace de 3 ans, Jobs réussit le tour de force de relancer la firme de Cupertino. Si Apple valait « à peine » 5 milliards de dollars à la fin des années 90, l’entreprise est estimée aujourd’hui à 180 milliards de dollars et emploie plus de 35.000 personnes dans le monde !
De quoi lui pardonner, s’il le faut, un tempérament fougueux et autoritaire qui n’est pas pour faciliter le travail… d’équipe ? Qualifié d’élitiste par les uns, de manipulateur par les autres et de perfectionniste maladif à l’unanimité, Jobs n’hésite pas à renvoyer ceux qui ne lui apportent pas entière satisfaction. La technologie seule ne suffit pas, il lui faut toujours plus de couleurs, plus de visuels, plus d’effets… toujours plus ou en tout cas toujours mieux ! Alors que le son émis par le clic, produit lors de l’insertion des écouteurs du iPhone dans l’appareil, résonnait aux oreilles de Jobs « de façon décevante », il fera retravailler tout son staff d’ingénieurs pour l’améliorer avec toujours ce souci de l’esthétisme poussé à son paroxysme et une nette tendance au minimalisme chic…
Mais n’est-ce pas le prix à payer pour atteindre la perfection ou, tout au moins, y aspirer ? Un brin de folie ou plutôt de génie créatif qui fait toute la force des produits Apple : petits bijoux de technologie et de style, de perfectionnisme et de sobriété, de qualité et de luxe… Du paquet d’emballage à la coque métallisée en passant par toutes les options et autres applications proposées par les produits de la firme, rien ne saurait échapper à l’œil critique et avisé de ce PDG infaillible.
Et si vous voulez vous laisser envoûter par l’univers magique de « Apple », rien de plus simple… Il vous suffit de faire comme les quelques centaines de millions de personnes qui ont déjà visité l’un des 288 magasins Apple Stores à travers le monde. Trois d’entre eux ont d’ailleurs ouvert leurs portes en Israël, et ce, dès les premières années qui suivirent l’établissement de « iDigital », filiale représentative de Apple dans le pays.
Trois magasins pour trois points stratégiques - le Kanyon de Ramath Aviv, le Centre Dizengoff de Tel Aviv et le Grand Kanyon de Haïfa -, permettant aux israéliens de vivre et de savourer l’expérience Apple.
L’ « Apple Store », c’est d’abord une vitrine géante au design moderne, stylisé et épuré, exposant tous les modèles d’ordinateurs, de téléphones et autres multiples gadgets et accessoires complétant la gamme des produits en vente : modèles de coques pour iPod et iPhone, mallettes pour Mac, écouteurs et enceintes signés par de célèbres marques telles que Griffin, Knomo, Speck, V-Moda et In Case… Mais aussi, des ateliers pour aider les potentiels clients à se familiariser et à manipuler les nouveaux produits phares de la société, ainsi que des séances de démonstration régulièrement organisées autour de thèmes de divertissement : musique, films, photos et montages vidéos. L’Apple Store israélien possède également son propre « Expert Bar », - soit l’équivalent du « Genius Bar » -, où les clients peuvent obtenir des conseils techniques avisés auprès de véritables experts du Mac pour une assistance optimale.
Alors que le magasin du Kanyon de Ramath Aviv a été désigné comme modèle à suivre par toutes les filiales d’Apple dans le monde, grâce à son record de vente au mètre carré, celui de Haïfa déploie, quant à lui, des prouesses de créativité avec son studio d’enregistrement dernier cri qui accueillera des groupes locaux et des chanteurs célèbres. De même, un prototype de salle à manger a également été agencé dans le local, représentant la configuration idéale de la pièce d’une maison « intelligente » selon laquelle tous les produits digitaux Apple interagiraient en totale synergie, communiquant les uns avec les autres…
Un succès sans faille ? Pas tout à fait… Des analystes dévoilent les faiblesses des systèmes d’exploitation de la firme en matière de sécurité. Greenpeace pointe le doigt sur les lacunes de la marque dans le domaine de la préservation de l'environnement. Les développeurs et certains utilisateurs apprécient de moins en moins de se retrouver privés de leur liberté de choix ou de création du fait de l’écosystème fermé bâti par la société… Monopole illégal ? Slimlockage abusif ? Téléchargement contrôlé ? « Apple » : une sorte de prison dorée… ?
Les grands adeptes d’Apple, quant à eux, s’insurgent contre ces critiques ! Autant de supporters d’ailleurs qualifiés par certains de « fanatiques hardcore » qui souffriraient même, selon l’avis de quelques psychologues, du fameux Syndrome de Stockholm du fait de leur loyauté à toute épreuve et du véritable culte de la personnalité qui entoure Steve Jobs, sorte de gourou d’une secte nommée Apple…
Ce ne sera cependant pas la première fois que certains réfractaires se montreront réticents face à la réussite de la « Big Apple »…
Des produits juteux, un concept dénotant une réflexion mûre… « Apple » : ce serait presque du gâchis de ne pas y goûter…

 

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