Déguster un repas gourmet sur une plateforme hissée à 50 m au-dessus du sol ? Non, ça n’est pas une blague belge, c’est plutôt un concept belge unique en son genre, fraîchement arrivé dans nos contrées ensoleillées.
Comme son nom l’indique, Dinner in the sky se propose de vous porter jusqu’aux cieux pour un évènement sans pareil. Pour un déjeuner en plein air, c’en est un…
Mais avant de s’engager pour un tour dans le ciel, quelques mots sur ce concept exclusif... Dinner in the sky, en Israël depuis Mars 2009, c'est avant tout une plateforme mobile rattachée à une grue ou dessus s’y trouvent un bar et une cuisine professionnelle, ainsi qu’une table de 22 places. Pas de soucis, les passagers sont attachés à leur siège par une ceinture de sécurité et la plateforme peut se poser à tout moment en cas de besoin. A l’intérieur du bar, situé au centre de la table, s'y trouve chef, barman, serveurs, tous s’affairent à concocter pour vous et « en live » le menu de vos rêves. Et puisque la plateforme est mobile et peut être transférée là où vous le souhaitez, vous êtes libres d’admirer le paysage que vous aurez choisi : le kotel ou Massada, tout est permis ! Vous souhaitez une lune de miel digne de ce nom ? C’est désormais possible avec Dinner in the sky, puisqu’un véritable mariage peut y être organisé : une plateforme avec dj et éclairage est également disponible. Montée d’adrénaline assurée…
Nous sommes en route vers Tel-Aviv, où nous attendent Ilon Zada et Tal Lev-Ari, les deux promoteurs qui ont pris l’initiative d'importer le projet en Israël. Franck Azoulay, le chef de Dinner in the sky, doit également se joindre à nous. A notre arrivée, ils nous tendent une main chaleureuse tout en nous dirigeant vers la plateforme prête à décoller…
Nous faisons les présentations. Ilon et Tal, tous deux sortis d’unités d'elite de Tsahal, sont jeunes, frais, dynamiques. Mais la simplicité et la chaleur qui se dégagent de leurs personnes réchauffent le cœur. C'est le véritable esprit israélien qui s’incarne en ces deux jeunes tel aviviens. Ils nous expliquent que c’est leur goût du défi et de l’aventure qui les a amenés à prendre en main le projet et à surmonter les nombreux obstacles qui se sont dressés sur leur chemin. Goût de l’aventure donc, puisqu’Ilon est un fan de sports extrêmes. Eux parlent de détermination, moi je dirais plutôt volonté de fer… Entretien avec trois jeunes qui n’ont pas froid aux yeux.
Ilon et Tal, racontez-nous en quelques mots votre parcours et expliquez-nous ce qui vous a amené à implanter le concept ici.
Ilon : Je viens du domaine du sport extreme et de l'evenementiel. Dinner in the sky est donc en quelque sorte une synthèse de ces deux domaines. Avec Tal, on avait remarqué que beaucoup de gens souhaitaient pour leurs évènements quelque chose de spécial, mais ne trouvaient pas ce qui leur convenait. Un ami à moi m’en a parlé à son retour de Belgique, puis j’ai moi-même entendu que le concept était en train d’être importé en Afrique du Sud. J’y suis allé. Dès que j’ai posé les pieds sur la machine, je me suis dit : « C’est pour Israël ». Après moult aventures et beaucoup de paperasserie, surtout au niveau sécurité et assurances, on a réussi à mettre ça sur pied.
Tal : Dès qu’on en a entendu parler, on a aimé l’idée et on a décelé son énorme potentiel économique.
Concrètement, comment cela se passe-t-il au niveau sécurité ?
Ilon : Les personnes sont attachées à leur siège par une ceinture de sécurité. Tout le dispositif de sécurité répond aux normes allemandes, connues comme étant les plus rigoureuses au monde. La machine est également conforme aux normes de jeux israéliennes.
Tal : La sécurité est pour nous un point fondamental. De toutes les plateformes dont dispose Dinner in the sky de par le monde, aucun incident n'a jamais été rapporté.
Nous voilà rassurés, passons donc du coté cuisine. Car si Dinner in the sky est une attraction hors du commun, c’est également une expérience gastronomique à la hauteur de vos exigences. Franck Azoulay, diplômé de l’école hôtelière de Strasbourg, a fait son service militaire en Israël, puis s’est envolé pour New York où il a travaillé pendant 8 ans dans différents restaurants. A son retour au pays, il est le chef des plus prestigieux restaurants d’Israël, anime 2 émissions de télé, sort un DVD et enfin rejoint l’équipe de Dinner in the sky. Programme chargé en perspective, puisqu’il s’apprête à inaugurer une école hôtelière à Tel-Aviv qui ouvrira ses portes à plus de 150 élèves à la rentrée prochaine …
Franck, parlez-nous de l’expérience culinaire de Dinner in the sky.
Franck : Nous proposons une cuisine française rehaussée par des touches internationales, telles qu’asiatiques, méditerranéennes etc. Cela va du au thon sachimi, avec creme d'aubergine grille et tomates rotis, ou encore, cote d'agneau, servie avec nioki et ail confis.
Mais en réalité, il s’agit plutôt de sur-mesure puisque le menu est fixé en collaboration avec le client. Le repas est ensuite préparé « en live » sur la plateforme. Tout s’y trouve : réfrigérateurs, plan de travail, plaques de cuisson, fours et serveurs.
Quelles sont les raisons qui vous ont fait rejoindre l’équipe de Dinner in the sky ?
Franck : J’aime la proximité avec les autres. Pour moi, la cuisine est une passion qui se partage. Chaque groupe est pour moi une nouvelle aventure. Et apparemment mon style doit plaire car on apprécie beaucoup l’ambiance que je mets sur la plateforme ! J’aime faire de cette expérience un moment inoubliable pour chacun. Cela me permet également de faire de la bonne cuisine, de surcroît cachère. Et c’est aussi une occasion de… me rapprocher du bon D. ! Peu de gens ont cette chance.
Ilon : A ce sujet, je tiens à préciser qu'à Dinner in the sky, nous respectons non seulement la cacherout mais également le chabbat, et ce, malgré les suggestions que j'ai pu recevoir de part et d’autres. Nous y avons mis un point d’honneur.
Franck, vous bénéficiez d'une réputation sulfureuse en matière culinaire, on vous surnomme même « le bad boy de la cuisine israélienne »… Dites-nous pourquoi?
Franck : (Rires). Je suis un peu coloré, tatoué, vous voyez… Je suis différent de mon entourage, ici. J’ai un caractère unique qui a paradoxalement très bien réussi à s’intégrer et à percer dans le domaine de la cuisine.
Vos goûts personnels ? Vous êtes plutôt pizza aux anchois ou blanquette de veau à la crème de topinambour ?
Franck : (Rires). Plutôt houmous !
Revenons-en à présent au concept lui-même. Ilon et Tal, quelle est votre clientèle ? Quel est le public visé ?
Ilon : Israël attire de nombreux touristes, qui sont friands de ce type d'attractions. Mais pour l’instant, notre clientèle est surtout composée de sociétés qui souhaitent organiser des meetings VIP ou offrir à leurs partenaires étrangers une expérience hors du commun. Il y a également ceux qui louent la plateforme pour l’organisation de leur fête, telle que mariage, bar mitsva, etc. Dans ce cas, l’évènement est vraiment complet : il est possible d’installer au pied de la machine un lounge, avec fauteuils, bar, tentes etc. C'est modulable à la demande du client. Le principe, c’est qu’en bas, tout est semblable à un évènement VIP, les invités peuvent passer de la piste de danse au bar, du bar au buffet etc. Les invités montent alors sur la plateforme par groupes, la durée d’un tour variant selon la demande.
Quant aux particuliers, il est possible de téléphoner et de réserver sa place.
Qu’en est-il de la crise ? Ne risque-t-elle pas d’affecter vos activités ?
Tal : Non, je ne pense pas. On n’est pas inquiet. Car ceux qui peuvent s'offrir une telle expérience ne sont pas prêt à y renoncer.
Avez-vous d’autres projets ?
Ilon : Nous avons l’intention d’installer une plateforme qui restera à Jérusalem, de laquelle on pourra admirer la tour de David ou encore le kotel hamaaravi…
Ilon, Tal et Franck, merci à tous les trois pour le temps que vous avez consacré à cette interview. A très bientôt, quelque part dans le ciel !
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