Le Musée d’Israël a fait peau neuve… Opération de séduction réussie dix sur dix! Cet été, vous avez au moins dix bonnes raisons de découvrir ou de redécouvrir le Musée d’Israël !
-Il procure un certain apaisement ! Vous avez renoncé à une journée de plage pour monter à Jérusalem ? Bravo ! Encore faut-il sortir du circuit habituel qui va du Kotel à Ben Yehouda en passant par la Mamilla… Ce sont, certes, des passages obligés mais on peut y ajouter d’autres lieux de mémoire et de plaisirs. Ce Musée calmera votre peau des ardeurs du soleil et vous garantira un sacré moment de culture, en toute bonne conscience…
-Il s’est fait une beauté! Inauguré en 1965, le Musée a entrepris depuis juin 2OO7 de vastes travaux de rénovation. Dès le 26 juillet 2O10, il offrira aux visiteurs davantage de confort et d’accessibilité, avec de grandes salles pour abriter les expositions, dans un effort considérable d’éclairage et de mise en valeur des collections, encore enrichies, cela va sans dire. Ainsi, a été ajouté aux trois intérieurs de synagogues que comptait le Musée, l’intérieur restauré de la synagogue de Surinam, datant du 18ème siècle. Une splendide vitrine, donc, pour le judaïsme mondial.
-Ici, on parle français ! Enfin, en prenant certaines précautions… Si on ne veut pas se contenter des audio guides mis à disposition, on peut tous les lundis à 11 heures être accueillis par des guides bénévoles, remarquablement formés, qui vous permettront de découvrir les trésors exposés, selon un parcours ciblé et adapté. Car c’est bien connu, rien de tel qu’un guide compétent et enthousiaste pour donner vie par des détails parlants, pour faire voir vraiment tel ou tel « objet inanimé ».
-Il fait bon s’y promener ! Le Jardin d’art Billy Rose, œuvre du « sculpteur jardinier » américain Isamu Noguchi, offre une collection de sculptures contemporaines, entre autres, de Rodin, Picasso, Kadishman… qui s’inscrivent harmonieusement, parmi les oliviers, dans le paysage envoûtant de Jérusalem. A noter la pause rafraîchissante que constitue l’arrosage du Sanctuaire du Livre. L’eau versée sur cette blanche coupole ne vise pas à maintenir à bonne température les précieux documents qu’elle renferme, comme on pourrait le penser. Elle symbolise la pureté recherchée par les Esséniens, secte d’ascètes juifs qui se trempaient au mikvé avant chaque repas.
- Peuple du livre, toujours ! Il est judicieux de commencer la visite par la maquette de Jérusalem à l’époque du Second temple. Transportée de l’hôtel Holyland en 2006 et soigneusement mise à jour, elle brille sous le soleil avec ses trois portes dorées menant au Saint des Saints… Cette Jérusalem en miniature permet de visualiser l’état de la ville au moment où les Esséniens s’éloignaient des prêtres corrompus… Les « fils de la lumière » choisirent le désert pour rédiger ou copier les fameux Manuscrits de la mer Morte. Pénétrant au cœur du Sanctuaire du Livre, le visiteur est saisi par la fraîcheur, troublé par la pénombre. Il se plaît à rêver au miracle de la découverte « fortuite » de ces écrits en 1947… Même indescriptible émotion devant le Rouleau d’Isaïe retrouvé en entier ou face au Codex d’Alep, vénérable Bible aux bords calcinés qui a connu un bien mystérieux périple.
-On suit la piste à notre tour! On peut retrouver le parcours des hommes sur cette terre depuis la préhistoire jusqu’à la période islamique en passant par les Romains et les Croisés avec l’exposition d’ossements, de statues, de bijoux découverts dans des fouilles ou offerts au Musée pour enrichir sa collection archéologique. Ces objets en disent long sur la vie quotidienne, les activités, les rites des populations du désert et constituent un témoignage émouvant de ces civilisations disparues. Occasion de méditer…
-Il en jette ! Le Musée étale les trésors de l’art universel dans ses salles de collections permanentes grâce aux nombreux dons. Teddy Kollek, maire de Jérusalem de 1965 à 1993, « Le plus grand bâtisseur que Jérusalem ait connu depuis Hérode » selon Ytzhak Rabin, tenait à un beau musée pour servir d’écrin à ces dons et les encourager… Ainsi, sont dignement représentés les grands maîtres européens du 16ème et 17ème siècle, les impressionnistes et les contemporains. Toutes ces œuvres s’offrent enfin aux visiteurs chanceux qui pourront les contempler sous leur meilleur jour. A noter l’ampleur nouvelle légitimement accordée à l’art israélien contemporain.
-Il nous réconcilie avec les trésors de nos grands-parents ! La riche collection de Judaïca met en lumière les humbles objets du quotidien ou du culte juif. Que dire de cette lampe de Hanouccah d’antan fabriquée à l’aide de boites de sardines ? Telle robe de mariée marocaine chiffonnée, oubliée au fond d’une armoire est présentée ici comme une précieuse relique, le témoignage d’une culture millénaire, d’un artisanat exigeant… A vos placards ensuite !
-Les enfants ne sont pas oubliés ! L’aile Ruth est une vaste ruche qui propose de nombreux programmes dont une exposition annuelle d’objets appartenant aux collections du musée, des activités interactives destinées à stimuler l’imaginaire… A la demande, on peut même organiser un parcours guidé du musée, adapté aux enfants, pour célébrer, par un retour émouvant aux sources, une bat ou une bar mitsvah.
-On peut faire du shopping et s’y restaurer ! L’argument semble léger mais le touriste juif pratiquant pourra apprécier ce moment de découvertes, sans se soucier du temps qui passe et des tiraillements de la faim… Et puis, pourquoi bouder le plaisir des emplettes dans la boutique du Musée ? Elle propose, entre autres, des copies d’objets anciens permettant d’emporter jalousement le souvenir d’une émotion religieuse ou esthétique…
Alors, sans l’ombre d’une hésitation, rendez-vous dans ce Musée prestigieux qui s’est paré de ses plus beaux atours pour vous séduire et vous permettre de mieux comprendre comment Jérusalem se conjugue à tous les temps… par tous les temps !