Les voitures électriques : Un projet qui tient la route… ! A l’ordre du jour du forum économique mondial de Davos en 2005, une seule question: « commentrendre le monde meilleur ? ». Cette année là, on attend des participants non pas une réponse philosophique à une simple question rhétorique mais des solutions concrètes, des solutions applicables.
Parmi les adhérents, Shaï Agassi, jeune entrepreneur israélo-américain de la Silicone Valley, devenu numéro 2 du géant SAP, leader mondial des progiciels de gestion d’entreprises. Pour lui, la cause des maux de la société actuelle réside dans son addiction au pétrole : une drogue dangereuse qui affecte non seulement l’économie internationale mais également les relations géopolitiques au Proche Orient. Dés lors, un projet utopique qui relève du fantasme l’enthousiasme: Créer la voiture électrique !
« Quand on a le choix entre un job et une mission, dira-t-il, on choisit la mission » !
Sur le point d’être nommé à la tète de SAP, Shai renonce à cette promotion, quitte son poste et crée sa propre société « Better Place » dont le nom, évocateur des ambitions qui l’animent, résonne tel un écho à la question de Davos.
En quelques semaines, il réunit plus de 200 millions de dollars - soit l’un des cinq plus gros financements initiaux de l’histoire de la Sillicon Valley – afin de financer l’infrastructure et les expérimentations nécessaires à l’élaboration d’un tel projet.
Pour concrétiser son idée, il lui faut un partenaire automobile et un marché.
Carlos Ghosn, de Renault-Nissan devient ce partenaire industriel en fournissant des voitures électriques fabriquées sur la plate forme des Mégane 3. Quant au « cobaye », Israël est tout désigné et servira de vitrine à ce visionnaire pour démontrer la validité de son modèle.
Charmant clin d’œil pour ce jeune prodige qui ne pouvait rêver meilleur come-back dans son pays natal !
Le concept de la voiture électrique n’est pas nouveau en soi, mais Shai ne se contente pas de le relancer. Il entend remédier aux deux obstacles qui ont, par le passé, empêché l’émergence de cette nouvelle technologie : le coût du véhicule à l’achat et l’autonomie de sa batterie.
Aussi, Shaï propose un buiseness model novateur. La formule magique consiste à vendre la voiture électrique en utilisant le même système que celui… des téléphones mobiles !
L’operateur de Better Place proposera donc des forfaits kilomètres incluant électricité et batterie. L’automobiliste achètera sa voiture, puis souscrira un abonnement pour l’utilisation d’une batterie facturée au kilomètre parcouru.
Par ailleurs, alors que le temps de recharge de cette nouvelle génération de batteries - dites lithium-ion - est de 4 et 8 heures, Agassi met en place une infrastructure révolutionnaire d’échange de batterie via des stations-robots. Une manipulation qui s’effectuera en moins d’une minute, soit plus rapidement qu’un plein d’essence ! Better Place propose également une réalimentation rapide de la batterie à hauteur de 80% de sa capacité en 20 minutes seulement. De plus, chaque véhicule sera équipé d’un système de GPS inédit, permettant au conducteur de localiser les bornes de recharge disponibles à proximité.
L’avantage du système est double : zéro pollution et un prix des plus compétitifs, le coût mensuel des recharges étant 70% moins cher que celui d’un vé hicule essence.
La route semble dés lors toute tracée pour accueillir cette voiture hybride, plus attractive et fonctionnelle que sa cousine classique !
Le 15 septembre, Renault dévoile le prototype de sa gamme Fluence au salon de l’automobile de Francfort en Allemagne et rencontre un franc succès. Le premier véhicule électrique à émission zéro, doté d’une batterie échangeable est agréable et spacieux : 5 places pour 4,82 mètres de long.
Sa commercialisation en Israël est prévue pour le premier semestre 2011. Le pays semble particulièrement adapté au modèle électrique. En effet, Israël compte 90 % des automobilistes parcourant moins de 70 kilomètres par jour, avec des distances moyennes entre les principaux centres urbains ne dépassant jamais 150 kilomètres. Qui plus est, le gouvernement israélien, séduit par l’idée, s’est engagé à adopter des conditions fiscales incitatives pour l’achat du véhicule.
Alors qu’Israël et le Danemark ont d’ores et déjà signés et adhérés au projet - la société s’est engagée à vendre un total de 100.000 véhicules dans les deux pays d’ici 2016, et prévoit l’installation en Israël d’un dispositif de plus de 500.000 bornes de recharge - des partenariats ont été conclu plus récemment afin d’étendre cette offre à quatre autres régions : la Bay Area de San Francisco, l’Etat de Hawaï, l’Australie et la province canadienne de l’Ontario… Quant au Japon, il se dit fort intéressé… !
En Avril 2009, les médias propulsent Shaï Agassi au rang des personnalités les plus emblématiques du moment : le Time Magazine le place dans son top 100 des hommes les plus influents du monde, le Fast Compagny dans celui des plus créatifs hommes d’affaire et le Scientific American dans son top 10 des personnalités guidant l’humanité à la pointe du progrès et de la science. Quant à sa société Better place, elle figure déjà au top 50 des start-up les plus prometteuses, sélectionnées par Buisenessweek.
Aux plus sceptiques qui rechigneraient à l’idée de passer à l’ère de la voiture 2.0 et émettent des oppositions, Shai de répondre an évoquant le pétrole: « Connaissez-vous un autre produit dont le prix est multiplié par dix, sans que cela n'en affecte sa consommation ? Si votre billet de cinéma passait de 8 à 80 euros, continueriez-vous à y aller ? ».
Feu vert pour Shai Agassi qui s’engage dans un véritable combat contre la dépendance au pétrole, en stimulant le marché des énergies renouvelables. Il œuvre ainsi en faveur d’une économie verte, pour une « better place »…
Depuis le lancement de Sussita - la voiture israélienne best seller des années 60 – aucune nouveauté n’avait électrisé l’univers automobile du pays.
Ce projet fera sans nul doute d’Israël, la terre promise de la voiture électrique…