L’ambitieux projet de voitures électriques, l’architecture durable, le passage aux énergies renouvelables… Plus encore que la créativité, ce qui relie les instigateurs de ces projets, ce qui les anime, c’est cette même volonté de participer à la mutation des mœurs et à l’avènement d’une nouvelle ère. Qu’on se le dise : ce siècle sera vert !
Alors que la croissance démographique mondiale est en constante augmentation et que l’amélioration du niveau de vie, le dynamisme économique et les progrès technologiques poussent l’homme à la surconsommation, les ressources naturelles sont quant à elles limitées et le réchauffement climatique planétaire constitue une menace réelle …
L’approvisionnement en eau et en énergie représente plus que jamais un impératif socio-économique décisif. Quant à la protection de l’environnement, le sujet ne saurait être davantage d’actualité. Il s’agit dés lors de concilier productivité et respect de la nature. Le défi s’avère de taille !
Energies alternatives, renouvellement des ressources en eau, agriculture respectueuse de l’environnement, traitement des déchets, lutte contre la pollution…
Tandis que la demande pour la recherche de solutions « vertes » s’accroit, les capacités d’adaptation à l’échelle mondiale révèlent des signes de faiblesse…
Dans ce contexte, Israël qui, par la force des choses, a toujours du faire face à un problème de pénurie d’eau et de réserves restreintes, a accumulé une expertise telle que ce pays détient aujourd’hui à son palmarès une large gamme de technologies hydriques et environnementales à la pointe du progrès et reconnue mondialement.
Un développement et une recherche novateurs - mis en œuvre par les meilleures universités et incubateurs technologiques -, un secteur privé particulièrement dynamique et le soutien de programmes gouvernementaux tels que la New Tech (Noval Efficient Water technologies) encouragent l’essor de ce domaine d’activités si prometteur.
Le site officiel du gouvernement israélien et du ministère des affaires étrangères titre les exploits du pays : « L’aéroport de Ben Gourion en passe de devenir le premier aéroport du monde à produire de l’énergie renouvelable » ; « Israël va devenir le laboratoire régional et le centre d’excellence en climatologie » ; « Opération côtes propres » ; « Israël reconnu leader mondial dans le traitement de l’eau » ; « Le premier champ solaire du monde en Israël »…
Les plus grandes découvertes israéliennes sont le fait de ressortissants universitaires alliant une formation solide et une ingéniosité sans précédent.
L’université Hébraique de Jérusalem développe un département écologique d’études environnementales « Robert H. Smith ». Le Technion ouvre quant à lui une branche d’ingénierie spécialisée en ressources hydrauliques. L’université de Ben Gourion crée en son sein l’académie du clean tech et l’Institut Weizman, son propre groupe R&D.
« Plus que jamais, les technologies éco-innovantes représentent la plus grande opportunité de création de richesse et d’emplois », déclare solennellement Nicholas Parker, patron du Cleantech Group, célèbre cabinet d’analyse du secteur des technologies dites « propres ».
Des études de plus en plus prisées, faisant rimer « science » et « conscience » et assurant aux diplômés des débouchés professionnels et des opportunités de carrière multiples.
Quelques chiffres :
Au début des années 2000, Israël consacrait déjà 4,4% de son PIB aux dépenses de recherche R&D, soit le taux le plus élevé de tous les pays de l’OCDE. Le pays compte à son actif plus de 300 sociétés israéliennes spécialisées dans les technologies propres, une cinquantaine de multinationales possédant un centre de recherche en Israël et la proportion d’ingénieurs la plus élevée au monde.
Selon ce même groupe Cleantech, prés de 8.4 milliards de dollars ont été injectés dans des entreprises liées à cette branche d’activités.
En 2009, Le Capital-investissement réservé au clean Tech fut de 430 millions d’euros en Chine suivi de 247 millions d’euros en Israël, contre 120 millions seulement en France.
Les plus grands congrès internationaux, traitant des technologies vertes, choisissent Israël comme lieu stratégique pour débattre du sujet :
C’est à Tel Aviv, que s’est tenue l’exposition annuelle en matière de technologie de l’eau, d’énergie renouvelable et d’environnement, le salon WATEC, qui présenta le pays - aux différentes délégations ministérielles, chefs d’entreprises et hommes d’affaires venues des cinq continents - comme « la Silicon Valley de l’innovation ».
Quant à la conférence Eilath-Eilot, organisée en Février de cette année, elle rassembla autour du même thème les principaux protagonistes israéliens du monde « vert ».
Le groupe CleanTech et le quotidien The Guardian ont mis sur pied la première récompense mettant en avant les starts-up de pointe à travers le monde en matière de technologie propre.
Parmi les quelques rares sociétés retenues, cinq sont israéliennes. Elles ont été sélectionnées pour leurs investissements qui façonneront le monde de demain en matière de « green technology ».
Les cinq lauréats israéliens font donc du pays le seul du Moyen-Orient à être nominé et place Israël en 4ème position juste après les Etats-Unis, le Royaume Uni et l’Allemagne.
AqWise, spécialisé en traitement de l’eau, Solel dans les panneaux d’énergie solaire, IQ Winds dans le domaine de l’énergie éolienne avec l’invention d’une boîte d’engrenage à vitesse variable, EnStorage dans celui du stockage de l’énergie et Better Place, cinquième lauréat, financé par l’homme d’affaires israélien Shaï Agassi, enregistré comme candidat de nationalité américaine.
Concentrons-nous sur certaines de ces fameuses découvertes qui fascinent le reste du monde et qui nous valent leur estime….
On connaissait le fameux concept du « goute à goute » ou « Tif-Touf » en hébreu, innové par l’ingénieure israélienne Simha Blass et son fils. Le principe est simple : une conduite principale sous faible pression alimente plusieurs lignes secondaires disposées au fond de rigoles ou à même le sol au pied des plantes. Inventé par Netafim, ce système de micro-irrigation a permis à Israël de faire fleurir le désert. Grace à cette technique, la consommation d’eau du pays a conséquemment diminuée de 40% à 60% par rapport aux systèmes d’irrigation traditionnels des années 60.
Intronisée en Israël et développée en Australie, Amérique du Nord, du Sud et au Pérou, cette méthode révolutionnaire devrait sous peu être vulgarisée au Sénégal, permettant au pays d’aspirer à l'autosuffisance alimentaire en augmentant sa production agricole, œuvrant ainsi dans la lutte contre la pauvreté.
Par ailleurs, après le dessalement de l’eau de mer ou saumâtres, des chercheurs israéliens du Technion expérimentent le recyclage des eaux usées en vue d’une utilisation agricole. L’eau serait soumise à un double traitement d’épuration via des techniques membranaires d’osmose inverse, filtrant sel et autres contaminants. Les bénéfices agricoles qui en résulteraient pourraient compenser le coût de l’opération.
Palmlahim, Hadera, Ashdod, Nahal Soreq… Autant de sites abritant d’importantes usines de désalinisation dans un pays possédant déjà la plus grande usine mondiale à Ashkelon. Ainsi, d’ici 2012, l’état hébreu devrait atteindre une capacité de production de 500 millions de mᶟ d’eau par an. Un exploit qui, sans résorber complètement le problème de réserves d’eau, en allégera nettement la menace. Avraham Tene - Directeur du département du dessalement de l’Autorité de l’eau - prévoit d’ailleurs pour la fin 2013, « la restauration d’un équilibre certain entre l’offre et la demande en eau ».
D’ici à 5 ans, l’état hébreu serait capable de produire 40% de ses besoins en eau via ses nouvelles technologies. Et alors que les experts estiment à 600 milliards de dollars les besoins mondiaux en technologie de traitement de l’eau en 2015, Israël devrait assurer l’exportation de son know-how pour prés de 6 milliards de dollars.
Des chercheurs israéliens de l’Université Ben Gourion ont identifié, quant à eux, des gènes permettant aux plantes de survivre dans les difficiles conditions désertiques en s’adaptant à chaleur, sécheresse et salinité des sols.
Quant à la Start-up Tal solar, cette dernière met au point un système unique breveté par l’université de Tel Aviv : un concentrateur solaire hybride permettant de produire de l’électricité et de la chaleur à moindre coût et à des rendements inégalés à ce jour.
Le pays regorge de start-up et les illustrations de découvertes en matière de clean tech ne manquent pas.
Des percés innovantes, une technologie de pointe, des idées créatives, des solutions stratégiques… Le futur se veut bio et les esprits effectuent un retour aux sources.
Le pays où coulent le lait et le miel exploite aujourd’hui ses denrées naturelles : l’eau et le soleil.